«L’ÂME BRISÉE»

Éditorial sur la maltraitance, extrait du numéro 6 de la revue The Gassho Magazine

TEXTE DE DAVID BLÁZQUEZ LEÓN

David Blázquez León

Directeur et rédacteur de la revue  The Gassho Magazine


Je ne connais personne qui n’ait jamais été maltraité au cours de sa vie. Beaucoup n’en ont pas conscience ou, pire encore, c’est normalisé et socialement accepté, parfois même bien vu : « Une petite fessée au bon moment, c’est ce qu’il lui faut ». Poser des limites, élever ou éduquer un enfant ne donne à personne le droit d’avoir recours à la violence, à la domination, aux insultes ou à l’imposition pour y parvenir. « C’est en forgeant qu’on devient forgeron », comme disait l’un de mes professeurs dans les années 80. Le plus grave, c’est que ces violences s’exercent d’abord sur des mineurs, des enfants qui n’ont pas la capacité — physique, mentale et émotionnelle — de se défendre contre les adultes qui les maltraitent, souvent leurs parents, leurs tuteurs ou leurs éducateurs. Cette situation engendre un conflit intérieur profond, car les personnes censées protéger et prendre soin de l’enfant lui infligent une blessure — très profonde — qui perdurera : les personnes en qui l’enfant place sa confiance et dont il attend de l’amour lui font du mal. 


Il est injuste que l’on dise aux enfants et aux jeunes d’aujourd’hui qu’ils sont la « génération de cristal », en se moquant d’eux — souvent par des personnes de 30, 40, 50 ans et plus — qui les qualifient d’excessivement sensibles et de trop protégés ou disent qu’ils vivent dans la bulle de papa et maman. Comme s’ils étaient moins bien préparés à la vie adulte et valaient moins parce qu’ils n’ont pas été maltraités comme leurs aînés, qu’ils n’ont pas grandi dans la rue ou qu’ils ne sont pas débrouillards et malins. Les croyances liées à la maltraitance sont profondément ancrées : « la vie est dure », « il faut se battre », « c’est un sacrifice », « il faut se défendre et se méfier de tout le monde ». J’appartiens à une génération qui est née avec l’âme brisée. Les contraintes, les peurs, les traumatismes et les mauvais traitements sous toutes leurs formes étaient si répandus qu’ils faisaient partie intégrante de nous. Dans nos relations de couple, avec nos amis et nos collègues, nous avons consciemment ou inconsciemment cherché à être bien traités et pris en charge, à voir nos blessures d’enfance réparées et guéries, celles qui étaient ouvertes et saignaient encore, celles liées à l’amour, la part la plus spirituelle de l’être humain. Bien souvent, le résultat a été le même. À l’âge adulte, l’histoire de la maltraitance se répète.


Lors de mes consultations thérapeutiques, avec le Reiki et un temps d’échange ensuite, vous pourrez guérir des séquelles de la maltraitance. Vous pourrez vous libérer de ces schémas inconscients et automatiques qui se répètent de génération en génération. Une personne maltraitante a elle-même été maltraitée dans son enfance. Vous travaillerez sur les traumatismes et les peurs qui vous ont tant limité, afin de vous sentir libre d’exprimer votre volonté. Vous retrouverez confiance et vous ouvrirez à nouveau aux autres et à la vie, en surmontant les rejets que vous pouvez ressentir à la suite des mauvais traitements subis. Et surtout, vous commencerez à vous aimer, à prendre soin de vous, à guérir vos blessures, à renforcer votre estime de vous-même, à apaiser les situations vécues, à vous pardonner, à vous nourrir et à vous donner ce dont vous avez besoin pour aller bien. Kintsugi pour l’âme.

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Je tiens à remercier Laura de Frutos Martínez d’avoir choisi The Gassho Magazine pour publier pour la première fois ses autoportraits sur la maltraitance, une forme d’expression artistique à visée thérapeutique.

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