ÊTRE OU NE PAS ÊTRE : TEL EST LE REJET

Éditorial sur la blessure de rejet, extrait du numéro 13 de la revue The Gassho Magazine

TEXTE DE DAVID BLÁZQUEZ LEÓN

David Blázquez León

Directeur et rédacteur en chef du magazine The Gassho Magazine


Quand j’étais enfant, j’incluais spontanément dans le jeu ceux qui étaient discriminés ou exclus. Je me souviens des enfants arabes qui, parce qu’ils étaient immigrés, étaient mis à l’écart. Ou des filles à qui, en raison de leur genre, on interdisait de jouer au football — aujourd’hui championnes du monde. Je me battais contre qui le voulait pour que tout le monde fasse partie du groupe. À l’adolescence, ma personnalité était très marquée et affirmée. J’étais le bizarre, le différent. Mes amis se mettaient à fumer, à boire et à faire la fête. Comme je ne les suivais pas, ils m’ont exclu et rejeté. Je me suis retrouvé sur la touche, sans amis. À l’université, la pression sociale n’a fait qu’augmenter. Pour ne pas rester isolé dans mon monde, j’ai commencé à céder, à faire plaisir aux autres, à faire comme tout le monde, à profiter de la vie jusqu’à l’excès et à me consumer. Quand j’ai commencé à travailler, que je me suis mis en couple et intégré à ma nouvelle belle-famille, c’était la même chose. Je n’étais plus que l’ombre de moi-même, sans personnalité, une marionnette entre les mains des autres. Le prix que je payais pour appartenir à tous ces groupes sans être moi-même était très élevé. Ma santé en pâtissait, avec l’apparition de douleurs et de maladies. J’ai failli mourir. J’ai touché le fond. 


C’est ainsi que le Reiki est entré dans ma vie. Je voulais aller mieux, retrouver la santé et redevenir celui que j’avais été. D’abord, guérir ces blessures intérieures liées au rejet : solitude, abandon, moqueries, mauvais traitements, pressions, addictions, exigences, peur, tristesse, culpabilité… Ensuite, le Reiki m’a aidé à me nourrir, à m’aimer sans dépendance, à retrouver sécurité, estime de moi, confiance, volonté, fermeté, voix, conscience et discernement pour savoir ce qui me plaisait ou non. Enfin, il a fallu passer à l’action : prendre des décisions, suivre le chemin que je voulais, et non celui que les autres m’imposaient, me sentir libre et bien, sans craindre de dire non, de poser des limites, de surmonter les menaces, punitions ou chantages des autres et de mettre fin à cette terrible croyance du rejet : «Si je ne fais pas ce qu’ils veulent, je vais me retrouver seul et ils ne m’aimeront pas».


Être honnête est la clé du bien-être personnel. Le plus grand rejet que j’ai vécu, c’est celui que je me suis infligé en ne faisant pas ce qui était bon pour moi. Je me trahissais sans cesse. Lorsqu’on se donne la priorité et que sa vie tourne autour de sa santé et de l’amour de soi, on s’accepte tel que l’on est, on cesse d’attendre l’approbation des groupes (famille, couple, travail, amis…) et on n’essaie pas de ressembler à quelqu’un d’autre pour plaire. Le plus étonnant, c’est que les personnes qui vous aiment vraiment ne vous rejettent pas ; au contraire, elles vous acceptent tel que vous êtes, ne vous quittent pas, veulent être avec vous, vous accompagner et partager de beaux moments ensemble. 

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